Photographier la matière et le textile: un exercice de BTS

Photographier le textile

Pendant mon BTS photographie, nous avons eu un cycle de prise de vue sur le thème de la matière. Nous devions ainsi rendre un dossier d’images composées d’objets en verre, bois, métal, tissus et cuir… Attardons nous sur le textile.

La manière d’éclairer le bois étant principalement la même que pour le textile, je « sauterais » donc cette étape. De même, l’éclairage du verre est un peu plus compliqué, et long à expliquer. J’en ferais un article à part. Voici donc les photos que j’ai réalisé pendant les cours, sur l’éclairage du textile.

Le textile: tissus et cuir

Franchement il n’y a rien d’extraordinaire. Mes images ne sont même vraiment pas géniales. Le rendu de la texture d’un matériaux est produit par la lumière et son placement. Je savais qu’une lumière rasante ferait ressortir les détails. Je ne voulais pas « bêtement » poser les éléments sur une table et prendre ma photo. Je pensais à quelque chose d’un peu plus construit. J’ai alors trouvé un mannequin de couture dans les placards du studio de l’école. J’y ai placé mes éléments.

Pour bien représenter le produit, tout en montrant la texture, j’ai choisi de présenter mes images en diptyques: un plan large, complet, et une « macro ». J’étais vraiment dans l’optique image e-commerce. Si les photos en proxi sont plutôt réussies (du moins, pas ratées), les plans larges sont franchement tout pourris à mes yeux actuellement. Pourquoi ?

  • Premier gros point négatif: le mannequin n’était pas en forme. Décoloré, particulièrement abimé, avec encore des bandes de tissus rouge (pour le marquage) et des épingles. Que par feignantise je n’ai pas retiré à la prise de vue (mais pourquoi ???). Je n’ai malheureusement pas réussi à (ou pris le temps de) harmoniser les différentes teintes présentes sur le mannequin en post-production… 
  • Deuxième point: la lumière rasante m’a certes permis de faire ressortir le détail de la matière de mes objets.. Mais aussi tous les défauts: petites peluches sur l’écharpe, mauvais plis, poils de chats et cuir particulièrement usé. 
  • Troisième problème: La lumière éclairant aussi en partie mon fond (un mur blanc), et depuis un côté, je me retrouve avec un dégradé sur le mur, ni homogène, ni esthétique. Avec des parties cramées, et des angles gris…

Ces images m’ont tellement effrayés que je me suis sentie obligée, pour vos yeux et les miens, de refaire l’exercice un an plus tard.

Le textile: deuxième version

S’il reste encore quelques pétouilles, les images ne sont pas passées par la case Photoshop. Le développement Lightroom a (presque) suffit. Alors qu’est-ce qui à changé entre ces deux séries ?

  • Mon état d’esprit d’abord. Je n’étais pas forcé, obligé. J’en avais envie. Pour moi, pour toi lecteur. Parce que je ne pouvais pas laisser des images aussi cracra beurk dans mon portfolio, alors que je sais faire mieux. Je suis aussi actuellement bien plus détendue que pendant le BTS.

  • Ma technique ensuite. Je ne suis plus en train de faire un exercice, ni de chercher comment éclairer. Je savais ce qu’il fallait que je fasse. Comment placer ma lumière et ce que je voulais comme rendu. Alors certes, le flash est foncièrement placé de la même manière: de côté, pour une lumière rasante. Mais la technique utilisée n’est pas la même. Si en BTS j’avais dirigé toute la surface de la boite vers mon sujet, ici, je n’ai éclairé qu’avec les bords. J’ai aussi placé ma torche légèrement en retrait par rapport au mannequin.

  • Mon regard également. J’ai passé cette année post-BTS à regarder beaucoup d’images. Des peintures (un peu), et des photos de maîtres. Je ne les ai pas seulement regardé, mais aussi analysé: qu’est-ce qui marche, comment est placé la lumière, etc…

  • Le matériel enfin: ici, j’avais un matériel que je maitrisais. Le miens. L’espace était le miens également. Et cela permet d’avancer plus sereinement.

Conclusion

Les images de la première série sont très représentatives de l’état d’esprit dans lequel je me trouvais à l’époque (il y a à peine un an et demi). Tout faire le plus rapidement possible, ne pas s’appliquer (ni s’impliquer). Penser tout pouvoir faire via Photoshop.

Une feingnantise qui je l’espère s’est inversée aujourd’hui: je fais en sorte de ne plus avoir à ouvrir Photoshop…

C’est peut être parce que mon ordinateur est trop lent. Ou parce que je suis atteinte de flemingite aigue. Mais je ne crois pas que mes images récentes ai eu besoin de plus que le développement Lightroom. D’ailleurs, mes examinateurs au concours des Gobelins m’ont félicité d’un « niveau retouche c’est très bien, c’est super propre, il n’y a rien à redire » en parlant d’images qui n’étaient pas passé par la case PS. #Jesuisfierté 😀

Petit coup de gueule supplémentaire (tout petit, je vous l’assure). Présenter ces deux shootings côte à côte met en valeur quelque chose de plus. Nous avons souvent tendance à dire que le matériel doit être de qualité. Surtout les modeleurs. Qu’il faut à tout prix éviter les kits chinois pas cher, et préférer économiser. Et bien, la preuve par l’image: la première série, celle réalisé en cours à été faite avec du matériel Elinchrom (torche et modeleur). La deuxième avec l’un de ces kits pas cher : une torche et une boite à lumière du kit Godox Mini Pioneer. Comme quoi, il ne suffit pas d’avoir du matériel au k€, et d’appuyer sur un bouton pour faire de l’image 😉

Ces articles peuvent aussi vous intéresser

Un commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *