Les photographes de la couleur [2/3]: La rue

Le mois dernier, je lançais une série d’articles thématique, sur le thème de la photographie couleur américaine. Le premier article concernait William Eggleston et Stephen Shore. Après l’image vernaculaire, je vais donc vous parler un peu de la photo de rue en couleurs ! Et dans ce cadre, je vous présente Saul Leiter et Joël Meyerowitz… Mais aussi un petit bonus avec Harry Gruyaert … 😀

Saul Leiter

Né en 1923 d’un père Rabin, Leiter est d’abord étudiant en théologie, puis peintre. Après avoir visiter l’exposition de Cartier-Bresson au MoMA, il décide de devenir Photographe. Il arpente les rues de New York qu’il photographie d’abord en noir et blanc. En 1948 il se tourne vers la couleur pour ses travaux personnel. Si sa renommé actuelle est lié à ses photos de rue, il consacrera la plus grande partie de sa carrière à la photograpPhoto  mode. Il est publié par exemple dans Esquire ou Harper’s Bazaar.

Il est considéré comme l’un des pionniers de la photographie couleur. Bien Sûr. Sinon il ne serait pas dans cet article. Il shoot avec des pellicules périmées principalement. Les couleurs sont ainsi renforcées. Ou plus étranges encore. Les images sont particulièrement contrastées.. Le noir est noir. Qu’on ne vienne pas me parler de réflecteur, et de « déboucher les ombres ». Non. Ici, l’ombre structure, pose des questions, individualise autant qu’elle rend anonyme. La texture est importante aussi (la neige, le désordre, l’accumulation des plans). Il ne cadre que très rarement ses sujets en entier et recherche plutôt la silhouette, le reflet; utilise le hors-champs. Il préfère restituer des ambiances. Dans ses images, moi, j’entends le jazz…

« Il est un peintre expressionniste abstrait, plus qu’un photographe. » Gil Pressnitzer pour le site Esprits Nomades

A l’occasion de la rétrospective qui lui est consacré en mars 2016, Arte Journal propose un chouette portrait de Saul Leiter. Accompagné d’autres images… Je vous laisse regarder par vous même…


Joël Meyerowitz

Joel Meyerowitz est né à New York en 1938. Photographe de rue dans la lignée d’Henri Cartier-Bresson et Robert Frank, il est l’un des premiers, avec Stephen Shore et William Eggleston à privilégier la pellicule couleur à l’époque du tout noir & blanc.

Il a été le seul photographe à être admis sur le site de Ground Zero à New York pour en faire la couverture photo après les attentats du 11 septembre 2001. Les images capturées à cette occasion sont une archive inestimable et ont été exposées dans plus de 200 villes et 60 pays.

Au début des années 1970, Joel Meyerowitz se consacre exclusivement à la couleur:

«Selon moi, la couleur est maintenant la forme essentielle de la photographie. La vie est en couleur! Pourquoi faire une description réduite de tout ce qui nous entoure alors que les exigences sont tellement plus élevées pour faire de la photographie couleur ?»

Meyerowitz utilise la couleur de manière bien moins saturée que chez Leiter ou Gruyaert. Ses images ont tendance à être plus « classique » et douces que celles de ses collègues. Mais toujours avec cette impression « d’attente »… De pause sur le moment…


Mention spéciale : Harry Gruyaert

Harry Gruyaert n’est pas américain mais Belge. Né en 1941, il fera des études à l’école du cinéma et de photographie de Bruxelles. Plus inspiré par la peinture et le cinéma que par la photographie, il est l’un des rares pionnier européen à utiliser la couleur de manière purement créative. Il photographiera Paris, New York (quand même ! Pas totalement Hors Sujet 😉 ) et le Maroc. Puis retournera en Belgique pour poursuivre vers la Russie.

Gruyaert n’aime pas la valeur narrative données aux images. il se méfie des histoires et des discours qu’elles peuvent porter. Ses images s’adressent à n’importe qui, n’importe quand. Il n’y a plus de notion de cadre. Comme chez Leiter, les personnages sont réduits au rang de silhouettes, de dos ou sans visage et l’ombre est aussi dure qu’importante.

« Je me sent beaucoup plus proche d’une démarche photographique américaine que de la photographie humaniste française » Harry Gruyaert

Ce que je remarque moi, c’est la très fréquente utilisation d’un premier plan NET. Déjà, pour moi, c’est très récent de composer avec un vrai premier plan (des feuilles, des fleurs, des éléments de déco). Mais en plus de ça, je le rend méconnaissable par un jeu de profondeur de champs réduit. Pour Gruyaert non. Tout est net. Il n’y a que les ombres qui pourraient à la rigueur dissimuler des plans…

Lorsque Harry Gruyaert est exposé à la MEP et dans les espaces de la RATP en 2015, le Magazine PHOTO nous offre une courte interview. La première partie est « plus » intéressante, échange avec l’auteur oblige. Ce qui est drôle, c’est que j’ai fait mes sélections « thématiques » avant même d’avoir vu les vidéos, interviews, ou d’avoir fait des recherches. Et les photographes sont tous cités les uns par rapport aux autres 😉


Sources

Saul Leiter:

Joel Meyerowitz:

Harry Gruyaert:

Et vous alors, ça vous inspire ?

En tout cas, à très bientôt pour la suite de cette série d’articles thématiques 😉

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