Dans le cadre de mon BTS photographie j’ai du réaliser un dossier d’analyse d’images sur le thème « Objet ». Pour ce dossier je me suis intéressé à la manière dont est représenté l’objet et à sa place dans la photographie cinématographique.

Mais avant de commencer à vous présenter tout ca, je vais vous faire un bref aperçu de ce qu’est la photographie cinématographique.

Petite introduction à l’image cinématographique

La photographie cinématographique, comme elle raconte aussi une histoire, se rapproche de la photo narrative, mais contient quelques « codes » différents. Inspirée du travail des chefs opérateurs et de la photographie de plateau (voir Roger Arpajou), l’image cinématographique est réalisée par le photographe lui même (mise en scène, lumière, post-production) qui crée ainsi une ambiance et une esthétique particulière.

« Emmener le spectateur dans une fiction où il devient lui même acteur, où il n’est pas passif, c’est un échange de regards  » David Nissen

David Nissen
David Nissen, Landromat

Rarement sous la forme de séquence (mais peut appartenir à une série), la photographie cinématographique interpelle le spectateur qui s’imagine alors l’histoire de cette image, développe la scène (l’avant, le pendant et l’après), comme s’il s’agissait d’un arrêt sur image prélevé d’un flm ou d’une série télévisée.

« Le parti [de Gregory Crewdson] est le même que celui de Jeff Wall : on est dans une scène de flm. Il y a une histoire en cours à laquelle on ne comprend rien parce qu’on a raté le début.  » Galerie-photo.com

Pour citer quelques noms qui pour moi évoquent l’image fixe cinématographiée, je pense à Cindy Sherman, Erwin Olaf, Nicky Hamilton, Kourtney Roy, ou Phaedra Brody.

Nicky Hamilton, photographe cinématographique
Nicky Hamilton, The Lonely Man

Ce que je vois quand j’évoque la photo cinématographique

Un exemple flagrant : Gregory Crewdson

Gregory Crewdson est un photographe américain attaché à représenter l’envers du rêve américain. Il réalise des mises en scène minutieuses et inquiétantes à mi-chemin entre cinéma fantastique et série TV. Les budgets de création de ces scènes sont bien entendus énormes, et la réalisation donnée à des équipes entières de décorateurs, stylistes, éclairagistes etc…

« Je travaille de manière assez organique : je fais des repérages, une image me vient, et j’essaie d’en rédiger une petite description, un scénario d’une page. […] de cette idée qu’on peut raconter une histoire avec des détails ordinaires. » Gregory Crewdson 

 

Crewdson est particulièrement influencé par le travail de Jeff Wall, mais aussi par celui du peintre Edward Hopper, de Stephen Shore ou Walker Evans. Les images sont tellement fournies de détails que notre œil cherche par tout moyen à reconstruire l’histoire, à essayer de comprendre ce qu’il se passe/vient de se passer.

Son travail inspiré du cinéma, inspire lui aussi beaucoup aujourd’hui la télévision, notamment Stranger Things ou les Revenants.

Un documentaire à été réalisé par Ben Shapiro et l’émission Tracks en à également parlé, si vous voulez allez plus loin.

Un tumblr interressant

Dans ma recherche d’informations concernant ce que j’appelle la photographie cinématographique, je suis tombé sur plusieurs termes qui serait liés, ou des traductions plus ou moins adaptées. Parmi ceux-ci, « staged photography » est régulièrement revenu (même s’il me semble convenir pour les photos mise-en-scène en général), ainsi que « Tableau vivant » (en anglais) ou « photographic tableau« .

J’ai finalement trouvé un blog très intéressant sur la « Staged Photography« , un tumblr avec des sources et des explications pour chaque image et chaque auteur. Et ça, c’est génial 😉


Pour la suite, c’est par ici. Et sinon, pour les flemmards ou les curieux, vous pouvez aussi directement sauter à la conclusion ou télécharger la version PDF.

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