Parce que la rentrée est là, et qu’il faut tout faire pour se motiver, il est temps de faire un petit retour en arrière. Si je devais synthétiser cette première année à Gobelins en un mot, ce serais celui que Denis Rouvre n’a cesser de répéter pendant mon stage avec lui: « exigence » . Cette année est vraiment dédié à l’exigence, notamment technique mais aussi culturelle (au sens large). Nos professeurs nous ont appris à voir les (nos) défauts et chercher à les solutionner, par nous même. Faire et refaire jusqu’à la perfection. Nous sommes à l’école, c’est ici qu’il faut expérimenter et se tromper. A l’extérieur ce n’est même plus envisageable.

Améliorer la technique avec précision

Cette première année à Gobelins devait nous servir à découvrir le matériel à notre disposition: savoir comment se servir de quoi et dans quel cas. Pour cela nous avons eu plusieurs sessions studio pour découvrir les modeleurs, mais aussi des exercices techniques précis où il fallait être particulièrement méticuleux sous peine de tout louper.

Nous avons travailler notamment sur de la reproduction d’œuvre d’art (type catalogue de vente aux enchères), sur du packshot métallisé ou en High Key. Sur ces trois projets, photographier connecté à l’ordinateur était une grande aide, malgré l’utilisation d’écran brillants et non calibrés (pourquoooii ???). Il fallut donc apprendre à se servir des logiciels à notre disposition (Capture One entre autre), mais aussi des matériels de mesure de lumière (Flashmètre).

Reproduction d'une oeuvre de Elouen Bigot--Pecot, exercice de précision et d'exigence, première année à Gobelins.
Tableau par Elouen Bigot-Pecot | @elouen_bp

Là où la reproduction d’œuvre d’art nécessite surtout d‘être méthodique (charte de gris) et de vérifier la netteté aux angles, l’éclairage High Key doit être particulièrement fin afin de ne pas se retrouver sans marge en post-production et d’avoir à la fois du modelé, de la texture et une image un tant soit peu intéressante qui ne serve pas juste à montrer une technique.

Enfin, sur l’ensemble de ces sujets, nous avons travaillé la post-production. Nous avons particulièrement pu évoluer en retouche technique: restauration d’image, retouche de peau, chromie, etc… En apprenant à nous servir de l’ensemble des outils à notre disposition. Et en étant de plus en plus précis, exigeants. Savoir où l’on se positionnait professionnellement.

Restauration d'image ancienne, exercice de précision et d'exigence, première année à Gobelins.
Exercice de restauration d’image ancienne

Apprendre des grands, explorer le champs des possibles

La deuxième partie de l’année était plus consacrée à la découverte du métier et des possibilités qu’il offrait. Nous avons travaillé sur différents sujets, allant du portrait « à la manière de », au presque culinaire, en passant par un workshop vidéo, ou des ateliers découvertes.

A la manière de, exercice de découverte et d'exigence, première année à Gobelins.
Portrait de Julia Grandperret Motin à la manière de Annie Leibovitz

Les ateliers découvertes étaient une nouvelle formule, testée par nos professeurs. Ils nous ont proposé, avec l’aide d’intervenants réguliers, différents ateliers sur le mois de mars. Nous pouvions choisir parmi la découverte de la photo infrarouge, du cinémagraphe, ou tourner un court métrage en 16mm par exemple. Une dizaine de projets étaient proposés, tous très différents, tous très intéressant, mais nous ne pouvions en choisir que deux. Une chouette expérience.

Enfin, le workshop vidéo se voulait comme un premier pas pour nous dans le domaine de l’image animée. Nous avons travaillés en groupes, sur le thème « une minute avec… » et vous pouvez retrouvez certains de nos court métrages sur le Youtube de la section photo.

S’orienter et se libérer

Cette année nous a laissé pas mal de liberté de mouvement pour tester, essayer, découvrir comme je vous le disais. Différents projets sur l’année nous ont permis de chercher notre voie, et de réaliser des images pour nous. L’organisation des portes ouvertes, dont la décoration des couloirs, est laissé à la section photo. Ainsi j’ai pu réaliser une fausse affiche d’un faux film parodique. Et je me suis littéralement éclatée ! C’était super fun, et les tirages super impressionnants 😉

L’école organise aussi chaque année des voyages scolaires au mois de Mai, un peu partout et pour tous les budgets. J’ai pu partir une semaine à Bois Charmant et y réaliser une exposition collective dans la forêt du château. J’ai aussi eu l’occasion de participer au campus étudiant des promenades photographiques de Vendôme. Deux petites « résidences », entre étudiants, mais avec des intervenants, qui nous ont beaucoup appris.

Exposition à Bois Charmant, voyage scolaire et résidence de première année à Gobelins où la passion et l'exigence envers nous même étaient les maîtres mots.
Exposition de mes images à Bois Charmant

Pour finir, j’ai bien sûr pu réaliser un stage. Stage que j’ai effectué avec énormément de bonheur, avec Denis Rouvre. Une seule semaine, mais une semaine qui m’a tant appris. J’ai du mal à imaginer un stage qui puisse m’être plus utile par la suite … Avec ce stage, j’ai découvert -réellement- que la photographie de visage, et surtout la photo de beauté était le domaine dans lequel je voulais travailler. Découverte validé par le workshop Beauté réalisé pour finir cette première année à Gobelins, au mois de Juin.

Conclusion

Cette première année à Gobelins, l’école de l’image, fut riche en émotions: entre la découverte du matériel (à profusion, il faut le dire), les voyages, les résidences artistiques, les rencontres, bref… Tout CA! Je n’ai pas vu le temps passer ! Mais comment avec tout ce que je vous raconte, vous pouvez vous aussi progresser en photographie ?

  1. Déjà si vous souhaitiez intégrer l’école et tenter le concours, vous avez un bref aperçu des cours dispensés. Et ça n’a strictement rien à voir avec un BTS photo (j’y reviendrais prochainement).
  2. J’ai appris que l’apprentissage technique de la photographie, plus que de la patience, nécéssitait d’être rigoureux et méthodique. C’est seulement de cette manière que mes shootings (exercices ou personnels) ce déroulent parfaitement bien. Je l’ai appris assez à mes dépends, pour vous éviter, à vous, de faire l’erreur. Aller au plus rapide, et déclencher comme un forcené ne fera pas de vous un meilleur photographe! Prenez le temps de réaliser vos images et contrôlez-les avec votre équipe.
  3. Ce qui m’ammène sur un troisième point: l’exigence. Je l’ai assez répété dans cet article mais l’exigence (envers soi, son travail et son équipe) est la SEULE voie d’amélioration possible. L’exigence te force à te dépasser, à faire de mieux en mieux à chaque séance, à apprendre et tester, encore et encore. L’exigence demande aussi de faire et refaire des images, sans arrêts, et à chaque fois comme si c’était ton dernier shooting. Et en plus de permettre la création d’images de meilleures qualité, ca génère une atmosphère hyper positive 😉
  4. Enfin, personne ne peut faire TES photos à ta place. Personne ne viendras te prendre par la main pour apprendre et expérimenter à ta place. Tu es le seul maître à bord, et il n’y a que toi qui puisse te faire progresser.

Tout ne dépend que de toi. Si quelqu’un d’autre est capable de le faire, alors toi aussi: bouges toi !

 

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