C’est quoi une régie ? Que fait un régisseur ? Quel matériel peut-on y trouver ? Voici le premier article d’une série de trois sur le vocabulaire à connaître en tant que photographe. Vous y trouverez des mots « classiques », mais nécessaires à connaître pour bien se faire comprendre par son équipe, mais aussi des mots plus précis, que j’ai découverts à Gobelins et qui me semblent important, au moins pour ma pratique. Cette liste n’est pas exhaustive bien sûr, et concerne surtout le matériel et non la « technique » ou les outils (pas de définitions de la vitesse ou du diaphragme, pas d’explication de logiciels ici, etc…). Et nous commençons donc avec ce qui se trouve en régie !

régie photo le petit oiseau va sortir

La régie correspond à la fois au local où est entreposé et vérifié l’ensemble du matériel d’un studio, et au travail logistique effectué autour d’une production (logement, repas, transports, etc…). Le régisseur est responsable de l’organisation matérielle et logistique d’un tournage ou d’un shooting. Il va pouvoir fournir l’éclairage, les différents accessoires et équipements nécessaires au bon déroulement d’une prise de vue, mais aussi par exemple les boitiers en eux-mêmes. Le photographe doit lui faire parvenir en amont un bon de commande correspondant à l’intégralité du matériel dont il pourrait avoir besoin pendant la prise de vue. Les studios de locations proposent très souvent des « packs » d’équipement avec la location d’un de leur plateau.

Voici quelques exemples de choses que l’on peut trouver dans une régie photo.

Les appareils photo en régie

  • Moyen format/plein format/APS-C : ces termes désignent la taille du capteur de l’appareil photo, que ce capteur soit numérique ou analogique. Il existe d’autres tailles de capteurs, plus spécifiques, et moins utilisés chez les pros, je vous laisse vous renseigner si besoin !
      • Un moyen format est un appareil photographique utilisant une surface sensible allant de 6×4,5 cm à 6×24 cm (Fujifilm GF, Hasseblad par exemple)
      • Un plein format (ou 35 mm ou full-frame) correspond à un capteur de 24×36 mm : c’est l’appareil « classique » (reflex ou hybride) que nous connaissons.
      • L’APS-C est un format de capteur plus petit que celui d’un plein format, et mesure environ 25x16mm (différents selon les marques). 
  • La chambre photographique correspond au « grand-format » et utilise des films ou dos numériques de dimensions 6×9 à 20×25 en général. Il existe des chambres foldings (transportables) et des chambres monorails (plus lourdes). L’avantage des chambres outre la taille de la surface sensible, est la possibilité de faire des bascules sur les corps avant et arrière, afin d’ajuster les fuyantes (perspective) ou la zone de netteté. J’ai fait un article détaillant tout ça en 2017, je vous laisse aller voir ! Sur une chambre, on utilise un dépoli afin de visionner son cadre : il s’agit d’un verre de visé de la taille du plan film.
  • Les optiques à décentrements ou « tilt-shift » sont des optiques pour boitier numérique permettant aujourd’hui de corriger les fuyantes et de faire des bascules, comme sur une chambre. Canon et Nikon ont une gamme assez variée allant du 17 au 135 mm par exemple.
  • Les termes reflex et hybride se réfèrent au système de visée de l’appareil photo. Dans un reflex, un miroir (et un pentaprisme) nous permet de voir à travers l’objectif « en direct », alors qu’avec un hybride on voit l’interprétation de l’image sur le capteur par le micrologiciel, une image déjà numérique. La suppression du pentaprisme et du miroir permet aux hybrides d’être bien plus compacts et totalement silencieux. Tout est très bien expliqué sur ce site (avec de jolis schémas).

    Mamiya moyen-format
    Mamiya RB 67 – Moyen-format argentique

Les options d’éclairage en régie

Pour photographier en studio plusieurs options : la lumière naturelle, la lumière continue ou le flash.

La lumière continue

  • La LED (diode électroluminescente) qu’on connait tous aujourd’hui, souvent sous forme de panneaux, mais aussi sous forme de torche, de « bâton » ou de ring light (cercle de LED très utilisée par les YouTuber ou maquilleurs.ses). La LED a une très faible consommation d’énergie et ne chauffe pas. On peut, la plupart du temps, faire varier sa température de couleur et sa puissance.
  • Le HMI a une température de couleur proche de la lumière du jour, mais approximative, sa puissance va de quelques watts jusqu’à plusieurs dizaines de kilowatts.
  • Le tungstène est beaucoup plus chaud (en couleurs 3200 °K et en température), consomme beaucoup, mais est très peu cher. La mandarine est une lampe tungstène par exemple.

L’éclairage flash

  • Générateur : source d’alimentation et bloc de contrôle de la torche flash non compacte. Il permet de régler la puissance du flash, sa vitesse, d’ajouter des effets (stroboscope), de paramétrer « l’adresse » du studio si on utilise un déclencheur radio (sans cordon de synchronisation).
  • La torche flash est la lampe en elle-même : il contient la lampe pilote (lumière continue témoin) qui s’éteint quand le flash est déclenché puis se rallume (en quelques secondes) et le tube éclair (l’éclair flash en tant que tel).
  • La torche compacte est similaire, mais se branche directement sur secteur (prise murale). Elle n’a pas besoin d’un générateur. Les torches autonomes sont souvent moins puissantes et proposent moins d’options.
Shooting au flash avec bol beauté, bol standard p-70 et boite à lumière

Deux outils disponibles en continu et en flash

  • La poursuite est un projecteur très focalisé utilisé à l’origine pour suivre les mouvements d’un artiste sur scène sans tremblements. Il est possible de régler la taille du faisceau et la douceur de la découpe.
  • Fresnel: projecteur présentant un faisceau très lumineux au centre et dont l’intensité baisse progressivement plus on s’en éloigne.

Les différents modeleurs

Il est possible d’utiliser différents modeleurs (outils qu’on ajoute sur une tête flash par exemple) afin de définir la qualité de la lumière (contraste, modelé) et de lui donner un rendu particulier. En voici quelques exemples.

  • Boite à lumière/softbox : le grand classique, une boite rectangulaire, carrée ou octogonale (octobox), dans laquelle on vient attacher la torche flash ou LED, derrière une ou plusieurs toiles diffusantes. On obtient une lumière particulièrement douce. La striplight est une version fine et allongée d’une boite à lumière rectangulaire.
  • Bol beauté/opalite/ beauty dish: Bol souple ou solide, relativement écrasé, à l’intérieur argenté ou blanc allant d’un diamètre de 45 à 120 cm (le 70 cm est le plus standard). Produit une lumière un peu plus dure qu’une boite à lumière. Le bol beauté est très utilisé en beauté, en étant souvent très proche du visage du mannequin. Il est possible de lui ajouter une « chaussette » (toile de diffusion), comme sur une boite à lumière.
  • Bols réflecteurs : p-travel, zoom, p70 sont des bols de diamètres plus petits que le bol beauté, souvent plus profond et nommés par leur utilisation (profoto Telezoom) ou leur angle de couverture (broncolor P50). On peut leur ajouter des volets (coupes flux), ou des nids-d’abeilles afin de diriger plus précisément la lumière. Celle-ci est particulièrement dure.
  • Le snoot/cône est un modeleur conique utilisé pour réduire le faisceau de lumière afin d’avoir un résultat intense et direct, sans lumières périphériques : parfait pour des retours cheveux, des éclats, etc….

Vous trouverez une très grande liste d’équipement et leur photo sur le site de Prophot et leur équivalent en anglais via le vendeur B&H. Il est toujours bon de connaître les différents noms des modeleurs en anglais, dans le cas où vous viendriez à faire de l’assistanat avec un.e photographe non francophone !

Des accessoires indispensables que l’on trouve en régie

régie pied girafe
Pied girafe
  • Wind-up et Méga boom (ou girafe) sont des pieds « lourds » utiliser pour déporter des torches (par exemple) en hauteur. Le wind-up est l’équivalent d’un pied de 1000, mais possède une manivelle pour monter le pied plus facilement. La girafe est la barre transversale qu’on ajoute à un pied et qui permet de déporter une torche sans l’avoir dans le champ. Un C-stand se différencie des pieds « classiques » par la forme de ses jambes, et est donc plus stable.
  • La toile spie est un tissu diffusant en soie, proche de la toile de parachute, qu’on accroche sur un cadre pour adoucir une lumière. Le borniol est également un tissus, mais noir et opaque, en coton ou velours que l’on peut utiliser pour différentes raisons : calfeutrer une fenêtre, servir de fond, diminuer la résonance du son dans une pièce, etc…
  • Les filtres sont disponibles soit sous forme de rouleaux (souple) soit sous la forme de verres que l’on vient visser à l’objectif.
      • CTO et CTB sont des « gélatines » correctrice de la température de couleurs (o pour orange et b pour bleu). Plus légère que des gélatines colorées elles viennent simplement corriger une variation de couleurs des torches, principalement quand on utilise différents types de sources (LED et tungstène). On utilisera un CTB sur une torche pour corriger une lumière trop chaude, et un CTO pour neutraliser une lumière trop froide. Différentes forces disponibles pour ces correcteurs, allant du 1/8 (très léger) au full (très fort).
      • Le filtre gris neutre permet de réduire la quantité de lumière émise par une torche ou reçue par l’appareil, selon s’il est placé devant une torche ou sur l’objectif. Sur l’appareil, un filtre à densité neutre permet de descendre en vitesse pour réaliser par exemple des filés, lisser la surface d’une rivière, ou simplement pour obtenir une faible profondeur de champ, même en plein soleil. L’utilité des filtres gris est très bien expliquée sur le site avecunphotographe.frrégie apple box
  • Une apple box est une boite en bois solide. On les trouve de différentes épaisseurs, pouvant se clipser les unes aux autres elles permettent par exemple de grandir un mannequin , ou de surélever des accessoires, etc…
  • Une gueuse est un poids en fonte ou un sac de sable de plusieurs kilos permettant de stabiliser ou maintenir un pied en place par exemple.
  • Un prolong est une rallonge électrique secteur tout ce qu’il y a de plus classique. régie mi-axe expanMais avec un autre nom.
  • Les mi-axe ou expan sont les supports de maintien d’un fond. On attache l’expan à l’intérieur du rouleau de carton sur lequel est collé le fond papier (ou tissus) puis on l’accroche sur des crochets eux-mêmes fixés au mur. Contrairement à une simple barre horizontale, les mi-axes permettent de fixer le fond à la hauteur souhaitée et de le dérouler seulement quand on le décide grâce à une chaîne.

J’espère que vous aurez trouvé cet article utile, et qu’il pourra vous aiguiller un peu sur le type de matériel que vous pouvez choisir pour vos prises de vues, ou sur le rôle d’un régisseur. N’hésitez pas à me laisser un petit commentaire ou à me poser des questions juste en dessous !

En attendant, je vous laisse digérer toutes ces informations et vous retrouve prochainement avec les épisodes deux et trois : le vocabulaire à utiliser sur un plateau et celui dont on a besoin en postproduction !

 

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